Les repas de nuit
Il y a deux questions derrière « comment arrêter les tétées de nuit », et une seule relève du sommeil. Savoir si votre enfant a encore besoin de manger la nuit est une question médicale. Savoir s'il mange ou s'il se rendort en est une autre.
La question qui ne nous appartient pas
Un enfant a-t-il encore besoin d'un apport nocturne ? Cela dépend de son âge, de sa courbe de poids, de ce qu'il prend dans la journée, de son terme de naissance et parfois d'antécédents médicaux.
Cette question se pose à votre pédiatre ou à votre médecin, qui a le carnet de santé sous les yeux. Aucun tableau, aucun article, et aucun bilan de sommeil ne peut y répondre à sa place.
Tant que cette réponse n'est pas obtenue, on ne supprime rien. On peut en revanche travailler tout le reste — et c'est souvent tout le reste qui pose problème.
Un repas, ou un rendormissement
C'est la distinction utile, et elle s'observe en trois nuits sans rien changer.
Cela ressemble à un vrai repas
- La tétée dure, l'enfant déglutit longuement
- Il se réveille à des heures variables
- Il se rendort après, pas pendant
- Il prend un vrai volume au biberon
- Il mange moins le matin suivant
Cela ressemble à un rendormissement
- Deux minutes, quelques succions, et c'est fini
- Les réveils tombent en fin de cycle, régulièrement
- Il se rendort pendant, dès les premières gorgées
- Il repousse le biberon après quelques millilitres
- Son appétit du matin est inchangé
La colonne de droite décrit une association d'endormissement : la succion est devenue la façon de repartir entre deux cycles, pas un apport. C'est cela qui se travaille, et cela se travaille sans rien retirer à personne.
Ce qui se fait, quel que soit l'avis médical
- Séparer le repas du coucher. Si la tétée ou le biberon est la dernière étape du rituel, dans le noir, et que l'enfant est posé endormi, la condition est installée chaque soir. Déplacer le repas avant l'histoire, si possible hors de la chambre, suffit souvent à changer les nuits en une semaine.
- Nourrir davantage en journée, si le pédiatre le valide — repas plus rapprochés en fin d'après-midi, sans forcer.
- Vérifier le rythme. Un enfant en surfatigue se réveille davantage, et chaque réveil passe par le sein ou le biberon. On croit un problème alimentaire là où il y a un problème de fenêtres d'éveil.
- Répondre autrement, une fois sur deux. Rendormir sans nourrir à un réveil, nourrir à l'autre, sans annoncer et sans forcer : on découvre très vite lesquels étaient des repas.
Si l'arrêt est validé, comment procéder
Progressivement, jamais d'un coup, et jamais pendant une maladie, une poussée dentaire, un déménagement ou une reprise du travail.
- Au biberon, réduire le volume de 20 à 30 ml tous les deux à trois jours.
- Au sein, réduire la durée d'une à deux minutes tous les deux à trois jours, en commençant par la tétée la plus courte.
- Un seul repas à la fois, en commençant par celui qui ressemble le moins à un repas.
- Remplacer par autre chose : présence, main posée, voix. Le retrait sans remplacement est ce qui déclenche les pleurs.
Comptez deux à trois semaines. Et si l'enfant réclame davantage en journée pendant cette période, c'est normal : l'apport se déplace, il ne disparaît pas.
Quand s'arrêter et rappeler le médecin
Si l'enfant perd du poids, mange nettement moins dans la journée, paraît fatigué, ou si les nuits se dégradent franchement sur plus d'une semaine, on suspend la démarche et on reprend l'avis médical. Rien de tout cela ne vaut la peine d'être forcé.