Sommeil de bébé · 0–3 ans

L'emmaillotage

L'emmaillotage est le sujet de sommeil où l'erreur coûte le plus cher, et c'est aussi celui sur lequel circulent le plus de tutoriels. Cette page ne vous apprendra pas à emmailloter. Elle dit à quelles conditions cela reste sûr, et à partir de quand cela ne l'est plus du tout.

Par Aurélie, consultante en sommeil infantile

Les mains des parents autour des pieds de leur nouveau-né

La limite absolue : le premier signe de retournement

C'est le seul point de cette page qui ne souffre aucune nuance. On arrête d'emmailloter dès que l'enfant montre les premiers signes qu'il cherche à se retourner — pas quand il y arrive, dès qu'il essaie.

La raison est mécanique. Un bébé emmailloté qui bascule sur le ventre ne peut ni se redresser, ni dégager ses bras pour libérer son visage. Il se retrouve face contre le matelas, sans le moyen de s'en sortir.

En pratique, cela survient souvent entre 2 et 4 mois, parfois plus tôt. On n'attend pas de voir : au premier roulement d'épaule, au premier bassin qui pivote, l'emmaillotage s'arrête.

Le relais est simple, et c'est celui que recommandent les professionnels : une gigoteuse à la bonne taille. Elle tient chaud sans rien couvrir, elle ne peut pas remonter sur le visage, et elle n'entrave aucun mouvement.

Les hanches, l'erreur silencieuse

Un emmaillotage serré qui maintient les jambes tendues et serrées l'une contre l'autre expose à une dysplasie de la hanche : l'articulation, encore immature, se développe mal dans cette position. Cela ne se voit pas, cela ne fait pas pleurer, et cela se dépiste bien plus tard.

Les jambes doivent pouvoir se replier librement vers le haut et s'écarter — la position dite « en grenouille », qui est la position spontanée du nourrisson. Le bas de l'emmaillotage reste ample. Serrer le buste ne veut jamais dire serrer les jambes.

La surchauffe, le second risque

Une épaisseur de tissu de plus, c'est de la chaleur en plus. Or la surchauffe est un facteur de risque reconnu de mort inattendue du nourrisson, et l'emmaillotage l'ajoute silencieusement à une chambre déjà trop chaude.

Ce qui reste vrai dans tous les cas

L'emmaillotage ne change rien aux règles de couchage, et il en rend certaines encore plus strictes :

Faut-il emmailloter ?

Ce n'est pas obligatoire, et ce n'est pas la seule façon d'apaiser un nouveau-né. Certains nourrissons s'en trouvent nettement mieux les premières semaines, d'autres le supportent mal et se débattent — et un enfant qui se débat contre son emmaillotage n'a rien à y gagner.

Si vous hésitez, ou si votre enfant est né prématurément, a un petit poids, ou a fait l'objet d'une surveillance des hanches, la question se pose à votre pédiatre, votre sage-femme ou votre puéricultrice — pas à un article. Ce sont eux qui peuvent regarder votre enfant.

Questions fréquentes

À quel âge faut-il arrêter d'emmailloter ?
Il n'y a pas d'âge, il y a un signe : les premières tentatives de retournement, qui surviennent souvent entre 2 et 4 mois et parfois plus tôt. Un enfant emmailloté qui bascule sur le ventre ne peut ni se redresser ni dégager ses bras. On arrête dès qu'il essaie, pas quand il réussit.
L'emmaillotage est-il dangereux pour les hanches ?
Il l'est s'il maintient les jambes tendues et serrées l'une contre l'autre, ce qui expose à une dysplasie de la hanche. Le bas doit rester ample, pour que les jambes puissent se replier vers le haut et s'écarter librement. En cas de surveillance des hanches, demandez l'avis de votre pédiatre avant d'emmailloter.
Par quoi remplacer l'emmaillotage ?
Par une gigoteuse à la bonne taille. Elle tient chaud sans rien couvrir, elle ne peut pas remonter sur le visage, et elle n'entrave aucun mouvement — ce qui en fait le couchage recommandé une fois l'emmaillotage arrêté.

À lire ensuite