Le sommeil à 10 mois
Dix mois, c'est le mois des fausses pistes. La sieste du matin se refuse deux jours de suite, l'enfant passe ses nuits debout à la barrière — et on en tire des conclusions qui coûtent plusieurs semaines de mauvaises nuits.
Les repères à 10 mois
| Sommeil sur 24 h | 12 à 16 h, siestes comprises |
| Fenêtre d'éveil | 3 h 05 – 4 h 05 entre deux sommeils |
| Siestes par jour | 2 |
Ces repères sont ceux qu'utilise le moteur d'analyse pour composer un bilan. Ce sont des intervalles, pas des objectifs : votre enfant peut se situer à l'une ou l'autre de leurs bornes sans que rien n'aille mal. Ce sont ses signes de fatigue qui tranchent, jamais l'horloge.
La fausse transition
Beaucoup de familles suppriment la sieste du matin vers 10 mois parce qu'elle se refuse. C'est presque toujours prématuré : le besoin de deux siestes tient en général jusque vers 15 à 18 mois.
Ce qui se passe réellement : la fenêtre d'éveil s'est allongée au mois précédent, la sieste est proposée trop tôt, et l'enfant n'a pas encore assez sommeil. Supprimer la sieste au lieu de la décaler produit une journée trop longue, donc de la surfatigue, donc des réveils nocturnes et un lever plus précoce.
Le test : décalez la sieste du matin de 20 à 30 minutes plus tard pendant quatre jours. Si elle revient, ce n'était pas une transition.
Debout dans le lit, la nuit
C'est le symptôme le plus signalé à cet âge. L'enfant se hisse pendant le sommeil léger, se retrouve debout, et ne sait pas encore s'asseoir depuis cette position.
Ce qui aide :
- Faire répéter la descente en journée, au sol puis contre un meuble bas. C'est le seul travail qui règle la cause.
- Recoucher sans en faire un moment : pas de lumière, pas de conversation, pas de sortie du lit. Un enfant qui obtient de l'attention debout recommencera debout.
- Vérifier le lit : sommier au cran le plus bas, aucun objet qui serve de marche.
Cela dure en général une à trois semaines, le temps que la descente s'acquière.
L'heure du coucher se calcule, elle ne se décrète pas
À cet âge, le coucher se déduit de la fin de la dernière sieste plus la dernière fenêtre d'éveil, qui est la plus longue de la journée. Un coucher fixe à 20 h, appliqué quelle que soit l'heure du réveil de la sieste, produit un jour de la surfatigue et un autre un enfant qui n'a pas sommeil.
Ce qui n'est pas un trouble du sommeil
Deux choses inquiètent souvent à cet âge et n'ont rien de pathologique : un enfant qui parle et babille longuement dans son lit avant de s'endormir, et un enfant qui se réveille brièvement en milieu de nuit, s'assoit, puis se rendort seul. Le second est même ce qu'on cherche à obtenir.
À quelle heure le coucher
Il n'y a pas d'heure universelle, et c'est la question la plus posée. L'heure du coucher ne se fixe pas sur l'horloge : elle se déduit de la fin du dernier sommeil de la journée.
Le calcul tient en une ligne :
fin de la dernière sieste + dernière fenêtre d'éveil = heure du coucher
À 10 mois, la fenêtre d'éveil est de 3 h 05 – 4 h 05. La dernière fenêtre de la journée est la plus longue de toutes — comptez 30 à 45 minutes de plus que les autres. C'est cette pression de sommeil supplémentaire qui permet d'enchaîner la nuit.
Un exemple : une sieste qui se termine à 15 h 30, avec une fenêtre de 3 h 35 allongée de 30 minutes, donne un coucher autour de 4 h 05 plus tard — soit le début du rituel une vingtaine de minutes avant, puisque le rituel fait partie de la fenêtre et ne s'y ajoute pas.
C'est de l'arithmétique, et c'est précisément ce qu'un bilan calcule à votre place, en tenant compte de l'heure réelle du réveil, du nombre de siestes et de la durée que votre enfant tient vraiment.